Credit à la consommation : tout savoir sur la réforme
En pratique cette loi complétée par deux décrets des 30 et 31 août 2010 apporte des changements sur les conditions de souscription d’un crédit à la consommation notamment sur les points détaillés ci-dessous.
ZOOM SUR…LA REFORME DU CREDIT A LA CONSOMMATION
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Publicité (article L 311-4 du Code de la consommation)
La loi prévoit que désormais toute publicité pour du crédit à la consommation, quelque soit le support, doit indiquer :
- le taux débiteur et la nature fixe ou variable du taux (sauf pour les opérations de location vente, de location avec option d’achat)
- les informations relatives à tous les frais compris dans le coût total du crédit pour l’emprunteur
- le montant total du crédit
- le taux annuel effectif global (sauf pour les opérations de location vente ou de location avec option d’achat)
- la durée du crédit et s’il s’agit d’un crédit accordé sous la forme d’un délai de paiement pour un bien ou un service donné, le prix comptant et le montant de tout acompte
- le montant total dû par l’emprunteur et le montant des échéances
- un exemple représentatif avec des montants de 500, 1000 et 3000 euros suivant la durée de remboursement maximale prévue par l’offre commerciale, le coût hors assurance facultative par mois et en euros et le coût avec l’assurance facultative par mois et en euros dans les cas où l’emprunteur a la possibilité de choisir lui-même son assurance.
- les mentions relatives au taux annuel effectif global, à la nature fixe ou variable du crédit, au montant total dû par l’emprunteur doivent figurer dans une taille de caractère au moins aussi importante que celle utilisée pour indiquer toute autre information relative aux caractéristiques du financement et s’inscrire dans le corps principal du texte publicitaire
- les publicités concernant les offres de regroupement des crédits antérieurs sont interdites si elles ne précisent pas que le crédit ne sera pas consenti sans élément d’information sur la situation financière de l’emprunteur ou si elles laissent entendre que le prêt va améliorer la situation financière de l’emprunteur ou entraîner une augmentation des ressources, ou constituer un substitut d’épargne, ou accorder une réserve automatique d’argent immédiatement disponible sans contrepartie financière identifiable.
- sont interdites les publicités mentionnant l’existence d’une période de franchise de paiement des loyers ou de remboursement des échéances supérieures à 3 mois.
- toute publicité doit contenir obligatoirement la mention « un crédit vous engage et doit être remboursé »
Assurance (article L 312-9 du Code de la consommation)
Le prêteur ne peut pas refuser en garantie un autre contrat d’assurance emprunteur dès lors que ce contrat présente un niveau de garantie équivalent au contrat d’assurance de groupe qu’il propose.
Rachat de crédit
Lorsque plusieurs crédits sont regroupés, le nouveau crédit souscrit est soumis aux règles du Code de la consommation même si l’un d’entre eux est un crédit immobilier (à condition que la part du crédit immobilier ne dépasse pas 60 % de l’emprunt total).
Surendettement (article L 331-3-2 du Code de la consommation)
Les procédures seront raccourcies de 6 à 3 mois, la durée d’un plan passe de 10 à 8 ans, et l’inscription au fichier des incidents de paiements est ramenée à 5 ans.
Lorsque le débiteur se trouve dans une situation irrémédiablement compromise, la commission peut saisir le juge de l’exécution aux fins de suspension des mesures d’expulsion du logement du débiteur. En cas d’urgence, le président de la commission peut lui-même saisir le juge. Si la situation du débiteur l’exige, le juge prononce la suspension provisoire des mesures d’expulsion de son logement. Cette suspension est acquise pour une période maximale d’un an jusqu’à l’homologation par le juge d’une procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou jusqu’au jugement d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire.
Usure
A l’avenir le taux d’usure sera calculé en tenant compte du montant emprunté. L’écart entre le coût de crédit personnel et celui du crédit renouvelable devrait s’atténuer. L’idée étant de faire en sorte que les crédits renouvelables soient moins rémunérateurs et que les prêteurs préfèrent proposer des crédits personnels.
Crédits renouvelables
Le crédit renouvelable aura une durée maximale de remboursement (déterminée suivant le montant emprunté). Chaque échéance devra comprendre un montant minimal de capital remboursé et cela afin de faire cesser l’usage de barèmes de remboursement dégressifs qui entraîne un allongement de durée de remboursement et une augmentation du poids des intérêts.
Les relevés envoyés à l’emprunteur devront être mensuels, et indiquer la durée estimée du remboursement du crédit.
Tous les trois ans, le prêteur aura l’obligation de consulter le fichier des incidents bancaires (FICP) pour vérifier si son client n’a pas fait l’objet d’une inscription dans l’intervalle et devra tirer toutes conséquences d’un endettement trop élevé en réduisant le montant du crédit, en le suspendant ou en ne proposant pas sa reconduction.
Le crédit sera fermé s’il n’est pas utilisé pendant 2 ans (au lieu de 3).
Information de l’emprunteur (articles L 311-6 & L 311-8 du Code de la consommation)
La loi prévoit que le prêteur donne obligatoirement des informations à l’emprunteur avant la signature du contrat de crédit. Ces informations sont celles qui sont nécessaires à la comparaison des différentes offres et permettent à l’emprunteur compte tenu de ses préférences d’appréhender clairement l’étendue de son engagement.
- Une notice d’information devra obligatoirement être fournie.
- L’emprunteur peut demander à avoir une copie du projet de l’offre de prêt (sans frais)
- Le prêteur a l’obligation d’attirer l’attention de l’emprunteur sur les caractéristiques essentielles du crédit et sur les conséquences que ce crédit peut avoir sur sa situation financière y compris en cas de défaut de paiement.
- Le prêteur a l’obligation de vérifier la solvabilité de l’emprunteur
Carte de fidélité (article L 311-7 du Code de la consommation)
Il est obligatoire de permettre au client de payer comptant. Ainsi si une carte de fidélité permet également de payer ses achats à crédit, elle devra également permettre un paiement au comptant. Et l’utilisation du crédit ne pourra résulter que de l’accord express du consommateur exprimé lors du paiement avec la carte.
Délai de rétractation (article L 311-12 du Code de la consommation)
Le délai de rétractation est porté de 7 à 14 jours. Le délai court du jour de l’acceptation de l’offre de contrat de crédit et s’écoule durant 14 jours révolus. La rétractation peut se faire sans motif.
En cas d’exercice de son droit à rétractation l’emprunteur n’est plus tenu par le contrat de service accessoire au contrat de crédit.

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